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HK rallume les étoiles

publié le 03.06.2016

Un album « Rallumeurs d’étoiles » sorti il y a un an, une tournée dans tout l’hexagone, une chanson écrite pour les victimes des attentats du 13 novembre, et surtout, un concert à Roubaix pour la fin du Tour des quartiers, samedi 4 juin dans le cadre de Pas de Quartier Pour les Inégalités. Plus que jamais, HK et les Saltimbanks revendique, s’indigne et livre un message d’espoir. Son leader, le Roubaisien Kaddour Hadadi, répond aux questions avec la sincérité et l’engagement qui caractérise le groupe.

  • Roubaix.fr : Revenir dans votre ville natale, ça doit forcément vous faire quelque chose ?

Kaddour Hadadi : « C’est sûr, il y a une émotion particulière à l’idée de revenir à Roubaix. Aujourd’hui, je suis un peu expatrié, donc je savoure plus mes retours aux sources. Quelque part, on revient à la maison, j’ai un peu plus de stress que pour un autre concert. Roubaix et en particulier la Grand’Place où nous allons jouer, c’est là où j’ai grandi, où j’ai pas mal traîné. Quand je passe sur cette place ou la Grand’Rue, je me rappelle de mes habitudes d’enfant et d’ado, de mes coins. »

  • Roubaix.fr : Pourquoi avoir accepté un Tour de France musical avec l’AFEV ?

HK : « J’ai connu l’AFEV à Roubaix, on a déjà eu l’occasion de jouer et de faire des choses ensemble. Il y a un peu plus d’un an, je leur ai raconté cette idée de Tour de France des quartiers et de rencontrer ceux qui font vivre ces quartiers, ces leaders positifs, ces gens dont on ne parle que très rarement.
Dans les médias, quand on parle des quartiers, c’est toujours à consonance négative, péjorative, toujours pour montrer ce qui ne va pas. Alors que ces quartiers, et en particulier à Roubaix, sont remplis de forces vives, de gens qui sont des locomotives. L’idée c’est de montrer ce qu’ils font, ce qu’ils disent et que cette énergie là puisse être communicative.
On a fait une douzaine de villes (Rennes, Nantes, Poitiers, Lyon, Grenoble…) et nous voulions finir ce Tour de France chez nous, dans notre région. Le point final à Roubaix, c’est symbolique pour moi, mais aussi parce que c’est une ville où se concentrent des difficultés extrêmes et en même temps, quand on la connaît, c’est une ville qui a un potentiel incarné par des gens, des personnes qui méritent d’être vus, d’être mis en avant. »

  • Roubaix.fr : Vous partagez certaines valeurs avec l’AFEV…

HK : « Je pense comme eux qu’il ne faut pas faire fi des problèmes, de nos différences, de nos divergences. Ce n’est pas un drame en soit que de ne pas être d’accord, de débattre, même de s’affronter idéologiquement dans le cadre d’une société démocratique. Le problème aujourd’hui, c’est que dès que l’on est considéré comme étant un peu trop ceci ou pas assez cela, on est disqualifié.
On a tous envie de retrouver une forme d’égalité dans nos quartiers, une sérénité. Un moment donné, il faut se retrousser les manches si on a envie d’y arriver. »

  • Roubaix.fr : Quelque temps après les attentats, vous avez écrit une chanson « Ce soir nous irons au bal ». Dans quel état d’esprit étiez-vous ?

HK : « Ce soir là, on avait un concert en région parisienne. On a su ce qu’il se passait à la sortie du concert. Le lendemain, nous avions un autre concert dans la région qui a été annulé. Dans la semaine qui a suivi, d’autres dates ont été annulées.
Quand on connaît les endroits : le Bataclan où nous avons déjà joué, Le Petit Cambodge, le Carillon… Tout ce quartier là, un quartier populaire, métissé, modeste. C’est comme mon quartier de la Potennerie à Roubaix. Quand on connaît ce quartier, on est tous touchés.

"Mon engagement, c'est de continuer à danser ensemble"

Et puis il y a eu la réaction politique et médiatique, celle de nous diviser. Pour moi, instaurer l’état d’urgence a été la pire des réponses. « On boucle tout, chacun chez soi ». Ce business de la peur a été tellement affligeant et on a eu l’impression que beaucoup de monde a eu à gagner dans ce climat : les terroristes, les xénophobes, les plateaux télé… Dans ces moments graves, c’est là où on doit retrouver l’identité d’une société, d’un pays. Il y a eu quelques belles réactions mais noyées sous un courant qui a voulu nous diviser, nous opposer et on n’en peut plus ! Je suis chanteur engagé. Et moi, l’un de mes engagements, c’est cette envie de continuer à danser ensemble. »

  • Roubaix.fr : Vous êtes toujours indigné, toujours révolté. Où puisez-vous cette indignation ?

HK : « Je ne cherche pas à être indigné tout le temps, en règle générale, j’aime me la couler douce, au bord de la mer, et siroter des cocktails. Mais après, on est comme on est, c’est vrai que j’ai peut-être une propension à m’indigner. Quand je vois certaines choses, j’ai du mal à passer outre. Quand on me dit « c’est comme ça », j’ai du mal à l’accepter. C’est mon côté têtu obstiné. Ce n’est pas parce qu’on me dit « c’est comme ça », qu’il ne peut pas en être autrement.
On se bat pour des valeurs, pour des choses auxquelles on croit. Avec cette idée de se dire « qu’est ce qu’on pourrait faire pour demain, pouvoir être plus paisible et profiter ensemble pleinement des petits bonheurs quotidiens ? » Il y a toujours des solutions. A la base, j’ai reçu à l’école une formation de mathématiques. Il y avait des problèmes et puis, il y avait des solutions.
Elles peuvent être inattendues, elles peuvent venir de loin, elles peuvent être le fruit d’une réflexion collective, mais pour peu qu’on en ait envie, il y a toujours une issue, une solution. »

Concert gratuit, samedi 4 juin, Grand'Place, 20h30

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